Je viens de terminer l'histoire de Marjolie. Cette fillette de 9 ans nous raconte sa vie avec sa famille et la violence.

(...)Ma maison n’a pas de couleur. Elle n’est pas bleu comme les rêves. Elle n’est pas jaune comme la joie, ni même rose comme la douceur. Elle est terne. Ces couleurs se sont malencontreusement délavées avant de s’effacer pour de bon sous le coup des larmes. Maintenant, on se ressemble un peu. Comme moi, elle retient son souffle au bord de l’asphyxie. Comme elle, je n’oserai jamais plus reprendre mes couleurs. (...)
(...) Ma mère ne sait plus sourire, ces yeux bleus sont aussi froid que de la grêle. Elle ne se laisse plus approcher parce qu’elle a peur. Aucun contact, ni d’effleurement, aucune caresse pour se sécuriser. Sa voix se perd dans l’obscurité de ses pensées. Malgré elle, du fond de sa cage, elle est aussi devenue la geôlière agressive et imprévisible. (...)